lundi 10 juillet 2017

La pépite était en toc

Une des illustrations du livre de Perron d'Arc.
La présence d'un short de fourrure,
alors que les Aborigènes allaient nus,
constitue un élément suspect supplémentaire
Toujours en quête de sources et de témoignages sur l'Australie aborigène, j'ai littéralement bondi de joie en dégotant une trouvaille de premier choix : les souvenirs d'un français, Henri Perron d'Arc, parti chercher de l'or en Australie dans les années 1850, et qui a laissé un livre de souvenirs très vivant et bien écrit : « Aventures d'un voyageur en Australie », sous-titré : « Neuf mois de séjour chez les Nagarnooks » (disponible au téléchargement sur le site Gallica). Car là n'est pas le moindre intérêt du récit : Perron d'Arc explique avoir vécu au contact d'une tribu dans une région où il était un des premiers Blancs. Il livre donc de nombreux détails de la vie quotidienne, et rapporte plusieurs épisodes survenus durant son séjour - ces chapitres forment l'essentiel du livre.
J'étais donc tout frétillant à l'idée d'avoir mis la main sur un témoignage d'une valeur comparable à celui de Narcisse Pelletier, par exemple, ce mousse vendéen naufragé en 1857 près du Cap York, qui demeura 17 ans dans une tribu locale avant d'être rapatrié en France et de raconter ses souvenirs. En plus, là où Pelletier, peu instruit, était passé par l'intermédiaire d'un médecin, Constantin Merlan, Perron d'Arc montre une plume alerte, ainsi qu'un sens aiguisé de l'observation. Je me frottais donc les mains, tout heureux d'avoir déniché un second texte ignoré par les spécialistes anglophones des Aborigènes et d'en tirer la substantifique moelle.
Mais lorsque j'ai voulu situer le séjour de l'auteur et identifier la tribu décrite, quelques nuages sombres sont apparus dans ce beau ciel bleu.