jeudi 30 avril 2015

Parution : « Formes de domination sous le communisme primitif » (Actuel Marx n°57)

Mon article « Certains étaient-ils plus égaux que d'autres ? Formes de domination sous le communisme primitif » est paru dans le numéro d'avril de la revue Actuel Marx. Pour le moment, il n'est disponible que sous forme imprimée, mais il sera prochainement lisible en ligne.

L'article se propose de recenser les principales voies de domination qu'on a pu observer dans des sociétés sans richesses, c'est-à-dire des sociétés où règne une égalité matérielle virtuellement complète. J'ai déjà longuement développé par ailleurs ce qui constitue sans doute la plus générale et la plus marquée de ces dominations, à savoir celle des hommes sur les femmes. Cette ligne de fracture n'est cependant pas la seule, et l'article explore ces deux autres sources de privilèges ou d'autorité que sont l'âge et la détention (supposée, faut-il le préciser) de savoirs ésotériques. Le texte n'a pas de prétentions théoriques, mais souhaite simplement présenter un état des lieux, et contribuer à réfuter l'idée tenace du « bon sauvage » selon laquelle ces sociétés, ignorant (totalement ou largement) les inégalités matérielles, seraient par conséquent des groupes humains rêvés et exempts de toute forme de privilège ou d'autorité. Un prochain article, à paraître dans quelques mois au sein de la même revue, tentera de déterminer dans quelle mesure ces sociétés ignoraient les différences d'accès aux biens matériels, et si l'exploitation en était totalement absente.

En attendant, voici un petit extrait de l'article, que je dédicace tout spécialement à Yann, dont je connais l'intérêt gourmand pour le jeu cérémoniel dit de « la lampe éteinte » pratiqué par certains groupes inuits. Comme on s'en rendra compte, à ce jeu, certains gagnaient plus souvent que d'autres...

lundi 20 avril 2015

Cartes et croquis de Daniel S. Davidson

Un Aborigène avec propulseur, lance et boomerang,
photographié dans les années 1950.
Daniel Sutherland Davidson (1900-1952) était un anthropologue américain préoccupé de questions évolutionnistes. Il fit deux voyages en Australie, au cours desquels il réunit la matière pour plusieurs articles sur des questions alors assez peu traitées, telles que la culture matérielle et la préhistoire.

Trois de ces articles furent publiés entre 1936 et 1938 dans la revue American Anthropologist. Ils contiennent un précieux inventaire des outils et des armes aborigènes, en particulier sous la forme de plusieurs cartes montrant leur répartition géographique.

Les voici donc, en commençant par le propulseur :

mardi 14 avril 2015

Bibliographie de la division sexuelle du travail

Un internaute m'écrit :
Bonjour,

Je suis tombé par hasard sur votre blog après avoir lu L'amazone et la cuisinière d'Alain Testart, sur lequel vous avez écrit un article. Je souhaitais trouver des ouvrages portant sur les causes de la division sexuelle traditionnelle du travail social et par une simple recherche internet, je n'ai trouvé que très peu de travaux sur le sujet, le livre de Testart faisant partie des exceptions. Je voulais donc vous demander une petite liste d'ouvrages sur le sujet, et surtout, j'aimerais lire un auteur (le plus "classique" possible, pour commencer) défendant la thèse naturaliste à laquelle Testart s'oppose. Si vous pouviez me diriger vers un tel livre, j'en serais très aidé.

Je vous remercie d'avance pour votre réponse et vous souhaite une excellente journée.
Pour commencer, je dois les plus plates excuses à l'auteur de cette missive, qui a dû attendre près de deux semaines pour avoir une réponse. Il faut dire que, toute simple que fût la question, elle met le doigt sur un vrai problème : le décalage entre l'importance et l'universalité du phénomène de la division sexuelle du travail et le nombre très restreint d'ouvrages qui ont tenté de l'expliquer. J'y vois une raison évidente : la plupart des chercheurs ont considéré que cette division sexuelle du travail allait de soi, qu'elle était si « naturelle » qu'elle méritait à peine d'être relevée.

lundi 6 avril 2015

Comment peut-on être Papou ?

Hier après-midi, je suis tombé à la télévision par le plus grand des hasards sur un reportage improbable intitulé « Danse chez les papous », dont voici le trailer :


On l'aura compris, le documentaire décrit le voyage dans un village de la tribu Huli (célèbre, en particulier, pour l'extravagance des costumes des hommes, en particulier de leur maquillage et de leurs plumes bariolés, qui a inspiré les meilleurs photographes), de trois danseuses du Lido « hautes comme des cocotiers » et « maigres comme des biscuits secs », ainsi que le remarquent leurs hôtes.