mardi 29 octobre 2013

Un effondrement de la population au Néolithique ?

Interpellé par un sympathique goliard (pléonasme ?), je suis allé jeter un œil curieux sur une toute récente publication, où il est question des fluctuations démographiques durant le Néolithique européen.

On sait que l'arrivée de l'agriculture s'est globalement accompagnée d'une très forte tendance à l'augmentation de la population ; en moyenne, les premiers systèmes agricoles, si frustes peuvent-ils paraître aujourd'hui, étaient capable de nourrir beaucoup plus de gens qu'une économie de chasse-cueillette. Mais cette étude, menée sur la base de nombreux cimetières dans différentes régions (voir la carte ci-contre), suggère que cette tendance globale à l'accroissement aurait, dans la plupart des endroits, été entrecoupée par une très forte régression.

Le scénario moyen pour la zone étudiée est le suivant : les pratiques agricoles arrivent vers - 4 500. Elles n'auraient pas eu d'effet perceptible sur la population durant plusieurs siècles — d'après les données présentées dans l'article, celle-ci croissait déjà assez régulièrement depuis un, voire deux millénaires.

Puis ensuite, entre -4 000 et -3 400, c'est le boom : la courbe de la population connaît une brusque ascension... avant de subir, pendant environ 200 ans, une chute de l'ordre d'un à deux tiers — un ordre de grandeur au moins comparable à celui de la Peste noire au XIVe siècle.

Les auteurs montrent enfin que cette fluctuation ne peut pas être rapportée à des événements climatiques (connus). Fort prudemment, ils ne s'aventurent pas sur ses causes.

Je n'ai aucune compétence pour savoir si l'énorme fluctuation dont parle l'article est une réalité, ou un biais statistique. J'imagine que des archéologues et des statisticiens examineront la question.

Quant à expliquer le phénomène, si celui-ci était avéré, on ne peut évidemment que formuler des hypothèses. La première qui me vient à l'esprit est celle d'épidémies qui auraient accompagné les premières formes d'élevage, en particulier bovin. On sait que la variole, notamment, qui a décimé les populations américaines et australiennes à l'arrivée des Blancs, est le produit de la concentration des troupeaux de bovins, et de leur proximité avec l'Homme. On peut ainsi imaginer qu'il est arrivé aux premiers paysans et éleveurs du Néolithique ce qui arriva quelques millénaires plus tard à d'autres populations non immunisées contre ce virus. A-t-on les moyens, en analysant les squelettes de cette période, d'en identifier les causes de décès et de valider ou d'infirmer cette hypothèse ? Certains travaux l'ont-il déjà fait ? J'avoue ma totale ignorance et espère qu'un internaute compétent (et charitable) saura m'éclairer.

samedi 26 octobre 2013

Note de lecture : Âge de pierre, âge d'abondance (Marshall Sahlins)

Avertissement : commencé comme un simple compte-rendu de lecture, ce billet a pris une certaine ampleur. En l'écrivant, je me suis rendu compte de la difficulté des questions qu'il soulève. En tout état de cause, les réponses qu'il contient doivent donc être considérées comme provisoires. Et qui sait, certaines commentaires m'aideront peut-être à y voir plus clair !

Ce livre, paru dans les années 1960, est sans aucun doute un des plus influents qui aient jamais été écrits en ethnologie. Plus souvent cité que véritablement lu, il s'inscrit dans l'abondante littérature qui entendait d'une manière ou d'une autre réhabiliter les sociétés de chasse-cueillette. Il possédait toutefois deux grandes originalités. La première était la notoriété et la qualification de son auteur, un anthropologue de renommée mondiale. La seconde était sa thématique, puisque ce n'était pas pour une fois sur le plan moral, ou spirituel, que les sociétés de chasseurs-cueilleurs étaient censées s'avérer supérieures aux types sociaux ultérieurs, mais sur le terrain même où leur infériorité semblait la plus évidente : celui de la performance économique.

En réalité, Âge de pierre, âge d'abondance rassemble six essais d'inspiration assez dissemblables, dont seul le premier expose et argumente la thèse qui l'a rendu célèbre. Les deuxième et troisième essais traitent du « mode de production domestique », censé caractériser les premières sociétés de cultivateurs. Le quatrième discute du célèbre exposé de M.Mauss au sujet du hau et de l'obligation de rendre un don, tandis que les deux derniers discutent de l'échange dans les sociétés primitives. Le présent billet sacrifiera néanmoins à la tradition : il ne discutera que du premier de ces chapitres, considéré comme la contribution majeure de l'ouvrage.

jeudi 17 octobre 2013

L'émission de Radio Goliards (Radio Libertaire) est en ligne

Enregistrée il y a quelques semaines, sous l'égide de William Blanc, avec la participation de Jean-Marc Pétillon, préhistorien.

Pour écouter l'émission et en profiter pour admirer quelques illustrations !

dimanche 6 octobre 2013

Les Rendez-vous de l'Histoire (Blois)

Comme chaque année, la ville de Blois accueille un salon consacré aux livres et aux travaux à caractère historique : Les rendez-vous de l'Histoire, dont l'édition 2013 se tiendra le week-end prochain.

J'aurai le plaisir d'y être présent le dimanche 13 octobre toute la journée, sur les stands Smolny et Envie de Lire.