samedi 21 septembre 2013

Une interview pour la Nouvelle Vie Ouvrière

Sur le site de la Nouvelle Vie Ouvrière, une présentation du livre et une interview réalisée à la Fête de l'Humanité par Sophie Babaz, au sujet de ma Conversation...


jeudi 19 septembre 2013

Pourquoi se tuait-on chez les Bushmen ?

Un Bushman à l'affût (© Mike Elliott)
Voilà l'excellente question que m'a posée un participant de l'Université d'été du NPA... et à laquelle je me suis aperçu que je n'avais aucune réponse satisfaisante.

On sait en effet que contrairement à un mythe tenace, les chasseurs-cueilleurs, si égalitaires soient-ils, ne sont pas exempts de violence physique et armée. Tous les peuples ne l'exercent pas au même titre ; dans certaines régions au moins, l'Australie était incontestablement marquée par un assez haut niveau de violence, qu'il s'agisse d'actes privés ou d'affrontements collectifs. Les Inuits, quoique dispersés sur un vaste territoire, n'étaient sans doute guère plus pacifiques — le visionnage du très beau film Atanarjuat peut contribuer à en donner une idée. En ce qui concerne le Bushmen, je me souvenais — et je l'avais dit au passage dans mon intervention — qu'eux aussi, malgré leur réputation de gens « sans méchanceté » [Harmless People, titre d'un célèbre bouquin qui leur avait était consacré] connaissaient la violence ; j'avais été frappé par le fait que le taux d'homicides dans leur société était supérieur à celui des États-Unis.

Oui mais voilà : pourquoi les Bushmen se tuaient-ils ?

La guerre, c'est bien connu, n'est que la continuation de la politique par d'autres moyens. Aussi, chez tous ces peuples sans inégalités matérielles et sans richesse, ignorait-on les guerres à motifs économiques. En revanche, il pouvait exister d'autres raisons de supprimer des vies : les Australiens, tout comme les Inuits, se tuaient presque exclusivement pour venger un meurtre, réel ou imaginaire, ou pour un différent au sujet de leurs droits sur les femmes. Mais que dire des Bushmen, connus pour leur organisation familiale assez fluide, où les couples pouvaient se former et de séparer aisément, en particulier à l'initiative des femmes ?

mercredi 18 septembre 2013

Un événement sur Facebook

L'émission Radio Goliards enregistrée avant-hier sous la houlette de William Blanc, sera diffusée sur Radio Libertaire le jeudi 17 octobre à 16h30 (et mise en ligne sur le site des Goliards).

En attendant, elle est l'objet d'un événement facebook... à partager sans modération !

mercredi 11 septembre 2013

Deux dates proches dans l'agenda

J'aurai le plaisir de présenter ma Conversation sur la naissance des inégalités lors de la prochaine Fête de l'Humanité : ce sera dimanche 15 septembre, à 10h, au Village du Livre. N'arrivez pas en retard, la présentation ne durera qu'une demi-heure !

Et le lendemain, en soirée, je serai l'invité de Radio Libertaire en compagnie du très estimable préhistorien Jean-Marc Pétillon pour l'émission « Radio Goliards ».

mardi 3 septembre 2013

En mémoire d'Alain Testart (1945-2013)

Alain Testart vient de s'éteindre des suites d'une longue maladie. Il avait 67 ans, et encore de nombreuses recherches et projets de livres qu'il n'aura pas eu le temps de mener à bien.

L'auteur des Chasseurs-cueilleurs et l'origine des inégalités, du Communisme primitif, des Dons et des Dieux, des Éléments de classification des sociétés et, tout récemment, d'Avant l'histoire, laisse une œuvre immense. Ce travailleur acharné était un érudit, mais il était avant tout un extraordinaire raisonneur, qui toute sa vie s'est employé à sortir l'ethnologie tant de l'évolutionnisme spéculatif du XIXe siècle que de l'anti-évolutionnisme stérile du XXe, occupant ainsi une place tout à fait singulière dans sa discipline. Et s'il ambitionnait de construire une théorie générale de l'évolution sociale — générale, au sens où elle aurait tenu compte de l'ensemble des particularismes — celle-ci ne pouvait, à ses yeux, que s'appuyer sur une connaissance exhaustive des faits sociaux et sur leur analyse rigoureuse. Alain Testart ne détestait rien tant que l'approximation, que les à-peu-près qui permettent, sur tous les sujets, de dire à la fois tout et rien, et encore son contraire. Tous ses écrits, et c'est là leur immense mérite, défendent une thèse ; en toute clarté, sans tricherie aucune, en exposant les arguments et en combattant ceux de ses adversaires. On peut certes ne pas être d'accord avec tel ou tel de ses raisonnements ; mais ceux-ci s'offrent toujours à l'acceptation ou à la critique, en toute lumière. En cela aussi, Alain Testart était sinon unique, du moins bien rare.

Je ne développerai pas ici les nombreux doutes, ou désaccords, que peuvent soulever certains points de son oeuvre. Le plus évident est qu'Alain Testart ne se réclamait plus du marxisme depuis longtemps, et qu'il avait rejeté le matérialisme historique pour rechercher la pierre philosophale de l'explication des sociétés dans un hypothétique « rapport social fondamental ». Parmi ses thèses, importantes ou secondaires, nombreuses sont celles qui peuvent également être mises en cause. Mais quelle que soient leur validité, ces thèses sont fécondes, car elles prennent à bras-le-corps les questions de structure et d'évolution sociale, qu'elles bousculent les certitudes établies et les catégories si floues qu'elles n'expliquent plus rien.

Alain Testart a établi bien des résultats et défriché bien des pistes nouvelles. Sans doute certaines se révéleront-elles des impasses, ou des voies de traverse ; mais gageons que même ses erreurs, parce qu'elles procédaient des bonnes questions et d'une méthode raisonnée, permettront indirectement aux futurs chercheurs de s'approcher plus près de la vérité... à condition, précisément, qu'il se trouve de tels chercheurs pour s'inscrire dans ses problématiques et prolonger ainsi son œuvre.

Le site officiel d'Alain Testart : http://www.alaintestart.com