samedi 30 mars 2013

Note de lecture : La ligne noire des bisons, de John Tanner

Le salon du livre, qui s'est tenu le week-end dernier, a été l'occasion pour moi d'une double découverte. Celle d'un éditeur, Le passager clandestin, dont la collection « les transparents » est riche de plusieurs récits sur des sociétés primitives, rédigés par des témoins qui en étaient eux-mêmes membres. Et celle d'un personnage, John Tanner (1780-1846 ?), et de son livre de souvenirs, La ligne noire des bisons — Trente années d'errance avec les Indiens ojibwa.

Tanner fait partie de ces quelques Occidentaux qui furent immergés pour une longue période dans des sociétés pré-étatiques, et qui finalement regagnèrent le monde des Blancs et publièrent leurs mémoires. J'ai déjà eu l'occasion sur ce blog de parler de plusieurs d'entre eux (voir par exemple ce billet pour l'Amérique, celui-ci ou celui-ci pour l'Australie). Mais je n'avais jamais entendu parler de John Tanner, qui fut enlevé par les indiens Shawnee à l'âge de neuf ans et vécut ensuite durant trente ans parmi les Ojibwa (à l'ouest des Grands lacs, à cheval sur le territoire des États-unis et du Canada). Même s'il se perd parfois dans les péripéties et le détail d'évènements personnels un peu fastidieux, le récit de Tanner est une source de première qualité sur plusieurs dimensions essentielles de cette société indienne.

jeudi 28 mars 2013

Un entretien dans les Lettres françaises

Le prochain numéro des Lettres françaises, qui paraîtra le jeudi 4 avril en supplément au quotidien L'Humanité, contiendra un entretien avec Baptiste Eychart.

lundi 25 mars 2013

Alain Gallay, Alain Testart et l'évolution des sociétés

Alain Gallay est un ethno-archéologue qui a de longue date reconnu l'intérêt des travaux d'Alain Testart, tout en développant ses propres réflexions sur l'évolution sociale — pour s'en convaincre, on pourra lire son intéressant et abordable petit livre intitulé Les sociétés mégalithiques (Presses polytechniques et universitaires romandes, 2e édition, 2012).

Sur son site web, Alain Gallay a commenté le dernier ouvrage d'Alain Testart, Avant l'histoire (chroniqué sur ce blog ici puis ) en s'intéressant tout particulièrement aux questions d'évolution sociale. Je me propose donc de commenter à mon tour ces commentaires dans ce billet, en prévenant l'éventuel lecteur qu'il ne s'agit pour moi que de réflexions provisoires.

1. Des clades, des grades et du taxon élémentaire

J'avoue avoir eu un peu de mal avec les premières parties du texte d'A. Gallay, n'étant pas familier de certains concepts utilisés par la biologie (j'ai donc du aller réviser sur Wikipedia la différence entre un grade et un clade, ce qui m'a fait le plus grand bien, et maintenant, je fais mon malin). Cela dit, pour autant que je puisse en juger, il me semble qu'A. Gallay introduit un certain nombre de confusions, comme lorsqu'il présente comme antagonistes les méthodes phénétiques et cladistiques, manifestement considérées aujourd'hui comme complémentaires. Surtout, j'ai eu la nette impression qu'il attribuait à A. Testart des idées qui n'étaient pas les siennes, par exemple lorsqu'il écrit que selon ce dernier :

jeudi 21 mars 2013

Sur le site www.senscritique.com

Ma Conversation... a fait son apparition sur le site www.senscritique.com. Pour l'instant, une seule critique, mais étant donné la nature du site, d'autres pourront suivre.

lundi 18 mars 2013

Une brève critique dans Convergences Révolutionnaires n° 86

On trouvera une courte critique de ma Conversation sur la naissance des inégalités dans le numéro de mars-avril de la revue Convergences Révolutionnaires.

dimanche 17 mars 2013

Les Aborigènes, le dingo et la chasse

Deux Aborigènes avec des dingos.
Rapport de l'Administration des Territoires du Nord, 1957
J'ai depuis longtemps été surpris de l'affirmation réitérée à plusieurs reprises dans l'œuvre d'Alain Testart, selon laquelle les Aborigènes australiens n'employaient pas le dingo pour la chasse, mais uniquement pour certains usages que l'on pourrait qualifier d'agrément (comme servir de couverture chauffante par les nuits trop fraîches). Avant l'histoire, son dernier livre, revient avec insistance sur ce point, en rappelant qu'il était exposé dès le Communisme primitif de 1985.

La source principale, sinon unique, d'A. Testart semble être Mervyn Meggitt, qui dans un article de 1965, expliquait que les Warlpiri, bien que possédant des dingos domestiques, ne les utilisaient pas pour la chasse — au contraire, pourrait-on dire, ils préféraient pour cette activité utiliser les services (involontaires) des dingos sauvages. De là, A. Testart conclut tout comme en 1985 que sur l'ensemble du continent, « le chien australien, le dingo (...) n'est pratiquement d'aucune utilité. » (p. 287), et que sa domestication fait donc partie de ces inventions « virtuelles » ou « latentes » qui caractériseraient une société aborigène peu intéressée au progrès technique.

mardi 12 mars 2013

Une présentation-débat à Marseille

J'aurai le plaisir de présenter le livre sous les auspices de l'association Approches, Cultures & Territoires (ACT). Cela se passera le :

mardi 21 mai 2013 à 18h30
salle Phocea - Cité des Associations

J'aurai le grand plaisir de prendre la parole aux côtés de Pierre Lemonnier, un anthropologue (un vrai !) spécialiste des Hautes-Terres de Nouvelle-Guinée. Et je profite de l'occasion pour donner ce lien vers un court et percutant article écrit par cet auteur (et évoqué dans ma Conversation...) à propos de l'évolution sociale, de la naissance de l'inégalité, de Pierre Clastres et du marxisme.

Voir l'annonce de la soirée sur le site de l'association ACT

dimanche 10 mars 2013

Une critique dans Zibeline n° 61

Dans son édition de mars 2013, Zibeline, le journal de l'actualité culturelle en région PACA, chronique favorablement le livre dans un article joliment intitulé L'égalité à naître.