vendredi 25 janvier 2013

Réponse à un commentaire sur Avant l'histoire, d'Alain Testart

« Lions en chasse », grotte Chauvet, -36 000.  
Tout d'abord, merci à Cemaire de son (double) commentaire au sujet de mon compte-rendu de lecture sur le dernier ouvrage d'Alain Testart (AT), commentaire aussi informé que pénétrant, et qui appelle de riches échanges. Cher Cemaire, je m'adresse donc directement à vous dans ce message.

Vos remarques se situent à deux niveaux (que je reprends ici dans l'ordre inverse de celui du commentaire) :
  • Le fait que je mette en doute la classification opérée par AT parmi les sociétés « sans richesse » (type A versus type B).
  • Le fait que je conteste la démonstration d'AT, selon laquelle l'art pariétal paléolithique serait nécessairement l'émanation d'une société de type B.

mercredi 23 janvier 2013

James Morill, le Narcisse Pelletier anglais

En lisant l'introduction de Stephanie Anderson (voir ce post) à la traduction anglaise du récit de Narcisse Pelletier, je découvre l'existence d'un autre personnage au sort comparable.

James Morill, ou Murrels (1824-1865) était lui aussi un marin naufragé, et fut lui aussi recueilli par les Aborigènes du Queensland (la province située au nord-est du continent). Coïncidence étonnante, la durée de son exil forcé (17 ans) fut la même que celle de Pelletier, et les dates (de 1846 à 1863), se recouvrent largement - Ils avaient toutefois fort peu de chances de se croiser, Morill ayant vécu dans la région du Mont Elliott, soit des centaines de kilomètres plus au sud que Pelletier.

Les souvenirs de Morill forment un texte court, paru en 1863 sous le titre de Sketch of a Residence among the Aborigines of Northern Queensland for Seventeen Years - Being a Narrative of my Life, Shipwreck, Landing on the Coast, Residence among the Aboriginals, With an Account on their Manners and Customs, and Mode of Living (Séjour parmi les Aborigènes du Queensland du Nord durant dix-sept ans - un récit de ma vie, de mon naufrage, de mon échouage sur la côte, de mon séjour parmi les Aborigènes, avec une description de leurs pratiques et de leurs coutumes, et de leur mode de vie).

Le texte est disponible en ligne, au format pdf (en anglais, ). 

jeudi 17 janvier 2013

Note de lecture :
Une histoire populaire de l'humanité, de Chris Harman

Le livre de Chris Harman, Une histoire populaire de l’humanité, paru en 1999 et traduit en français en 2011, se propose de fournir une synthèse planétaire de l’aventure humaine « de l’âge de pierre au nouveau millénaire », en revendiquant ouvertement un point de vue marxiste. Pour louable que soit l’ambition, le résultat prête le flanc à un certain nombre de critiques ; en ce qui me concerne, celles-ci porteront uniquement sur la première partie (soit une quarantaine de pages sur les 700 que compte l’ouvrage), qui traite de l’évolution qui a conduit des premières sociétés humaines à l’apparition des classes.

Il ne s’agit évidemment pas d’intenter de mauvais procès. Résumer en quelques paragraphes des processus aussi divers que mal connus, sans même parler de les éclairer par des raisonnements corrects, tient bien entendu de la gageure. On ne saurait donc reprocher à l’auteur d’avoir payé le prix de toute vulgarisation, et d’avoir commis ici certaines généralisations un peu hâtives, là certaines approximations ou certaines omissions mineures. On est en droit en revanche d’attendre que ces simplifications ne faussent pas le tableau général. Or, c’est là que le bât blesse, et que l’image qui est donnée de l’évolution sociale préhistorique est entachée de biais qui la rendent difficilement acceptable. 

mercredi 9 janvier 2013

Un message à propos de Narcisse Pelletier

Je reçois ce matin un commentaire à propos de mon billet sur Narcisse Pelletier, qui mérite de devenir un message à part entière, signé de Stephanie Anderson, traductrice / éditrice du récit de Pelletier en Australie.

mardi 1 janvier 2013

Des témoignages ethnographiques in situ

Un internaute me demande s'il existe des témoignages comparables à ceux de N. Pelletier ou W. Buckley sur les autres continents. La question est si stimulante qu'elle mérite un message complet.

Je connais assez peu de récits du même ordre - mais ma connaissance est doublement limitée par le fait que je ne suis pas un anthropologue professionnel, et par l'immensité de la littérature ethnographique (la littérature « non savante » étant peut-être plus riche encore que la littérature savante). Au sens strict, les aventures de N. Pelletier et W. Buckley peuvent être qualifiées d'immersions involontaires ; tous deux se sont retrouvés à leur insu, durant de longues périodes, totalement isolés parmi un peuple qui n'était pas en contact avec une société étatique. Au premier abord, je ne vois que trois autres exemples qui répondent de manière stricte à ces critères, tous issus du continent américain :