vendredi 21 décembre 2012

La vie de William Buckley (1776-1856)

Les témoignages pouvant prétendre décrire des sociétés préservées des influences de l'Occident sont rares. Dans l'immense majorité des cas, les ethnologues (qu'ils soient professionnels ou même amateurs) sont arrivés longtemps après les marchands, les missionnaires, et les forces de l'État colonisateur. Des sociétés qu'ils voulaient étudier, ils n'ont alors recueilli que des observations indirectes, celles que les anciens donnaient en réponse à la question : « Comment était-ce, avant ? ».

Pourtant, quelques cas exceptionnels ont échappé à ce biais. On les doit à des gens qui ont appliqué (généralement involontairement) la méthode connue sous le nom d' « observation participante » bien au-delà de que les milieux académiques professaient, en se retrouvant durant des années parmi les indigènes, totalement coupés de leur civilisation d'origine. Pour tout le continent Australien, je ne connais que deux cas de ce genre. J'ai déjà mentionné sur ce blog celui de Narcisse Pelletier, un mousse français qui après un naufrage, survécut durant 17 ans parmi une tribu du cap York, au nord-est de l'Australie. Mais plusieurs décennies auparavant, un autre Européen, William Buckley, avait connu un sort comparable.

Condamné par l'armée anglaise, W. Buckley fut déporté dans la toute nouvelle colonie pénitentiaire de Port Philip (près de la future Melbourne) en 1802. Il s'évada, et fut porté pour mort. En fait, il survécut durant 32 ans au milieu des Aborigènes, avant de réapparaître en 1835 dans une société dont il avait presque totalement oublié la langue. Les souvenirs du « sauvage blanc » furent recueillis une première fois par George Langhorne, dans un récit de quelques pages publié seulement en 1911. Toutefois, une seconde version, beaucoup plus détaillée, fut rédigée par un journaliste, John Morgan, et aussitôt éditée en 1852. L'édition de Tim Flannery regroupe ces deux textes, qui à ma connaissance n'ont (et c'est fort dommage) jamais été traduits en français.

jeudi 13 décembre 2012

Intervention au séminaire « Lectures de Marx » à l'ENS

J'ai été invité à participer au séminaire  « Lectures de Marx », organisé par des étudiants de l'ENS. Le sujet précis est encore à définir, mais il tournera autour des rapports entre anthropologie et marxisme, ce qui ne devrait pas surprendre grand monde.

La date, elle, est d'ores et déjà certaine, et fixée au lundi 13 mai 2013.