mercredi 28 novembre 2012

Note de lecture : Avant l'Histoire (Alain Testart)

Avant l'Histoire - L'évolution des sociétés de Lascaux à Carnac, publié il y a quelques jours dans la prestigieuse collection « Bibliothèque des Sciences Humaines » chez Gallimard, est un monument. Ce texte couronne en effet l’œuvre déjà imposante d'Alain Testart, en rassemblant ses principales thèses développées au cours de nombreux livres et articles depuis Les chasseurs-cueilleurs ou l'origine des inégalités (1982). Mais aussi, et surtout, il articule méticuleusement la réflexion sociologique et ethnologique pour la relier aux données archéologiques, fournissant pour la première fois chez cet auteur un tableau d'ensemble de l'évolution sociale depuis le Paléolithique jusqu'au Néolithique tardif. Ainsi, le tableau statique de la classification sociale brossé dans les Éléments de classification des sociétés (2005), s'anime et prend vie.

L'ouvrage se situe donc à la croisée de nombreuses problématiques. À commencer par la plus évidente pour les archéologues, et la plus épineuse pour les ethnologues : celle de l'évolution sociale. Prolongeant son excellent article de 1992, A. Testart se livre à une analyse méthodique de la pensée évolutionniste, de ses preuves, des mécanismes qu'elle prête aux sociétés. Réfutant à la fois l'anti-évolutionnisme et les méthodes spéculatives ou approximatives employées par les différents courants évolutionnistes du passé, il plaide pour un évolutionnisme fondé sur la rigueur tant de la classification sociale que de l'interprétation des traces archéologiques.

jeudi 15 novembre 2012

Une présentation-débat au Monte-en-l'air

À l'initiative des éditions du Temps des cerises, j'aurai le plaisir d'animer un moment de discussion sur le thème « Marxisme et anthropologie » au Monte-en-l'air, une librairie située au 71, rue de Ménilmontant (Paris 20e). Ce sera le mercredi 28 novembre, à 18h30.

J'interviendrai donc autour des thèmes développés dans ma préface à L’origine de la famille, de la propriété privée et de l'État (F. Engels), récemment publié par cet éditeur.

mercredi 14 novembre 2012

Note de lecture :
Warless societies and the origins of war (Les sociétés sans guerre et l'origine de la guerre), de Raymond C. Kelly.

La question des origines de la guerre est un sujet passionnant, qui connaît depuis une trentaine d’années un fort regain d’intérêt de la part des milieux scientifiques. De très nombreux (et souvent, fort épais) ouvrages ont été publiés, au croisement des connaissances sur l’ethnologie, la paléontologie et la socio(bio)logie. Ayant déjà eu l’occasion de me familiariser avec ce problème, j’avais été intrigué (à vrai dire, avec quelques préventions) par le compte-rendu écrit par Daniel Tanuro sur l’ouvrage de Raymond C. Kelly, Warless societies and the origins of war (les sociétés sans guerres et l’origine de la guerre). Je m’étais donc promis de lire l’ouvrage en question… ce qui est maintenant chose faite. Et cette lecture a confirmé les réserves que m’avaient inspiré les lignes écrites par D. Tanuro.

Avec ses 180 (grandes) pages, le livre est d’un volume solide, mais on est loin des pavés monumentaux que ce genre de thème suscite parfois. Il s’appuie sur des données ethnologiques sérieuses, même s’il exploitant d’une manière qui me paraît parfois discutable. La seule discussion circonstanciée concerne les îles Andaman. Les autres cas abordés ne le sont qu’à titre de représentants de tel ou tel « type », avec des arguments d’ordre quantitatif et statistiques.

samedi 3 novembre 2012

Une critique du Communisme primitif..., sur le site du Courant Communiste International

Rédigé au mois d'août, un article fort détaillé, même si contraiement à ce qu'indique son titre, il ne porte finalement qu'assez peu sur mon livre : À propos du livre « le communisme primitif n'est plus ce qu'il était »